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0240-8813
parution suspendue
An international journal of food science and technology
 

 ARTICLE VOL 24/6 - 2004  - pp.469-484  - doi:10.3166/sda.24.469-484
TITRE
Vin, bière et homocystéinémie

TITLE
Wine, beer consumption and homocysteine.

RÉSUMÉ

L'homocystéinémie, même légère, est un indicateur de risque de maladies cardiovasculaires. Elle semble bien augmenter avec la consommation d'alcool. Mais les données sont contradictoires en fonction du type d'alcool, de la population considérée et probablement de la quantité d'alcool consommée (selon une courbe dite « en J »). Il existe d'autre part une relation inverse entre le niveau de folates circulants et l'homocystéinémie, qui se comprend par le rôle de l'acide folique dans la reméthylation de l'homocystéine (hcy) en méthionine. C'est la voie principale d'élimination de l'hcy (avec la vitamine B12 comme cotransporteur), l'autre étant la transsulfuration vers la cystathionine, opérée grâce à la vitamine B6. Pour avancer dans la connaissance des facteurs en cause, on a recherché une association entre homocystéinémie et apport d'alcool chez 1 196 femmes et hommes de 40 à 60 ans, en différenciant les grands types de boissons alcoolisées. Ces sujets sont issus de la population de volontaires de l'étude SUVIMAX, étude d'intervention sur les effets de la supplémentation en vitamines et minéraux antioxydants sur les maladies dégénératives. L'homocystéinémie (tHcy) et les folates érythrocytaires ont été mesurés ; la quantité et le type d'alcool consommé, la quantité de café, l'apport en énergie et en vitamines B6, B12, et les folates ont été estimés par 6 rappels alimentaires. L'analyse des résultats indique que la consommation totale d'alcool est associée positivement avec tHcy dans les 2 sexes (p < 0,05) avec la consommation de vin (p = 0,01) chez les femmes, et avec celle de bière chez les hommes (p = 0,002) : cette dernière relation s'inverse si l'on isole ceux qui ne boivent que de la bière (et pas de vin). On constate d'autre part que la qualité du statut biologique en folates augmente avec la consommation de vin chez les hommes (p = 0,07). Il y a donc une apparente contradiction dans ces résultats, qui pourrait s'expliquer de la façon suivante : le vin est consommé en quantité beaucoup plus importante que la bière chez les hommes de cette cohorte ; les consommateurs de bière qui boivent aussi du vin sont donc de plus forts consommateurs de boissons alcoolisées que les « simples » buveurs de bière : on peut dès lors comprendre que le statut en folates ­ même de niveau satisfaisant ­ ne puisse, compte tenu de la proportion importante de ces forts consommateurs, suffire à réduire de façon significative l'homocystéinémie de l'ensemble du groupe. L'effet préventif des folates pourrait donc suivre aussi une courbe en J et n'exister que lorsque la consommation d'alcool est modérée, ce qui est par exemple le cas pour les seuls consommateurs de bière.

ABSTRACT

The SU.VI.MAX Study Homocysteine concentration (tHcy), even when it is slightly few above the normal range, is a predictor of risk of cardiovascular diseases. It probably increases with alcohol consumption. But results diverge according to the level of alcohol consumed ("J. shaped curve"), alcohol type and the population studied. An inverse association between folate status and tHcy is now well established. It is explained by the role of folic acid in re-methylation of homocysteine to methionine, the main metabolic pathway of tHcy elimination (with vitamin B12 as co-transporter). The other one is the catabolism pathway via trans-sulphuration unto cystathionine, with vitamin B6 as cofactor. In order to clarify the positive effects of a moderate alcohol consumption on cardiovascular disease, we have investigated the relationship between tHcy and alcohol intake, taking the different types of alcoholic beverages into account. In 1196 middle-aged women and men of the SU.VI.MAX study, an intervention study on the effects of antioxidant supplementation on chronic diseases, tHcy and red blood cell folate were measured. Intake of alcohol, energy, coffee and B-vitamins was assessed by 6 dietary records. Total alcohol consumption was positively associated with tHcy in both sexes (p < 0.05). In women, tHcy was positively associated with wine intake (p = 0.01) and in men with beer intake (p = 0.002). No association was observed with the consumption of spirits. The association between beer consumption and tHcy in men was modified by the consumption of wine. In wine drinkers the association was positive, while an inverse trend was observed in those who did not drink wine. Red blood cell folate was associated with wine drinking in men (p = 0.07) and with spirit consumption in women (p = 0.02). The results of the present study could suggest that wine consumption may increase tHcy, while beer consumption seems to have no (or even an inverse) effect on tHcy. These results could be explained first by the much higher consumption of alcool in wine drinkers than in beer drinkers, (except those who are also wine drinkers). Then, folate status, even with a good level, cannot be sufficient to reduce tHcy in the whole group of wine drinkers, given the important number of large alcohol consumers included in this group. The protective effect of folates could also follow a "J shaped curve" and be efficient only when alcohol drinking is moderate.

AUTEUR(S)
G. POTIER DE COURCY

MOTS-CLÉS
consommation d'alcool, bière, vin, homocystéinémie, statut en folates.

KEYWORDS
homocysteine, alcohol consumption, beer, wine, folate.

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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