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Sciences des Aliments

0240-8813
parution suspendue
An international journal of food science and technology
 

 ARTICLE VOL 29/3-4 - 2010  - pp.159-166  - doi:10.3166/sda.29.159-166
TITRE
Le régime méditerranéen : mythe ou réalité ?

RÉSUMÉ

Le concept de régime méditerranéen, ou diète méditerranéenne (MD), suscite un intérêt croissant dans les milieux scientifiques et médicaux. De 34 publications s’y référant dans PubMed (la bibliothèque nationale universitaire des USA) pour l’année 1992, leur nombre a augmenté progressivement avec 208 publications dix ans plus tard en 2002 et 434 en 2008, après un pic à 702 en 2006. Désormais, la notion de DM fait régulièrement l’objet de conférences internationales et de mises au point pondérées et consensuelles dans des revues internationales de référence (Willett et al., 1995, de Lorgeril et al., 2007a). Ce ne fut pas toujours le cas.

L’idée que les populations méditerranéennes soient protégées de certaines maladies grâce à leurs habitudes alimentaires est née des observations de l’étude épidémiologique prospective multinationale dirigée par le biochimiste américain Ancel keys dans les années 1950 à 1980, la Seven Country Study (Willett et al., 1995, de Lorgeril et al., 2007a). Dans cette étude, les cohortes grecques et italiennes avaient présenté beaucoup moins de décès par maladies cardiovasculaires (MCV) que d’autres populations vivant hors de la zone méditerranéenne (Willett et al., 1995, de Lorgeril et al., 2007a). Cette étude présentait toutefois une contradiction majeure : l’espérance de vie des populations présentant une faible mortalité par MCV n’était pas augmentée de façon parallèle à la diminution du risque cardiovasculaire. Cette étude présentait de nombreux biais méthodologiques (de Lorgeril et al., 2008a), et l’idée que les habitudes méditerranéennes puissent être protectrices est de ce fait longtemps restée de l’ordre du folklore scientifique. Ceci contrastait avec le succès exceptionnel de théories faisant du cholestérol le deus ex machina des MCV qui décimaient les populations occidentales de l’hémisphère nord malgré des faiblesses théorico-méthodologiques très comparables à celles de la Seven Country Sudy (de Lorgeril et al., 2008a). Certains avaient essayé d’expliquer la relative protection dont semblaient bénéficier les méditerranéens par un gradient de température nord-sud, d’autres par la pratique de la sieste, voire par une certaine nonchalance professionnelle ou encore par l’existence de services médicaux et sociaux particulièrement avantageux en Europe du sud. La confirmation épidémiologique de la faible mortalité cardiovasculaire en l’absence de services sociaux et d’une exceptionnelle espérance de vie dans certains pays méditerranéens (mais pas dans tous) et l’existence d’une épidémie de MCV aujourd’hui dans certaines zones non méditerranéennes bénéficiant d’un climat très favorable en Asie et en Afrique indique que ces explications n’étaient pas scientifiquement fondées et parfois teintées de préjugés ethniques, pour dire les choses poliment.

Le concept de DM soulève en fait deux questions médicales et scientifiques importantes : premièrement, peut-on identifier un modèle alimentaire réellement spécifique des populations méditerranéennes ? Deuxièmement, ce modèle est-il une (ou la) principale explication de l’espérance de vie avantageuse que les populations méditerranéennes présentent par rapport à d’autres populations pour lesquelles le niveau de vie (matérielle) et la protection sociale peuvent être notablement supérieurs. Ce texte vise seulement à répondre à la deuxième question.



AUTEUR(S)
M. de LORGERIL

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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