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Sciences des Aliments

0240-8813
parution suspendue
An international journal of food science and technology
 

 ARTICLE VOL 28/3 - 2008  - pp.231-242  - doi:10.3166/sda.28.231-242
TITRE
Mercure et métaux lourds dans l'alimentation : quels risques ?

RÉSUMÉ

L'apport alimentaire de méthylmercure (MeHg), provient de la consommation des poissons et plus particulièrement des espèces de grande taille et à croissance lente. La dose hebdomadaire tolérable (DHTP) a été abaissée à 1,6 µg/kg de poids corporel et par semaine en juin 2003 par l'OMS, pour apporter une précaution supplémentaire vis-à-vis de l'impact potentiel du MeHg sur le développement neurologique du foetus. Les évaluations de l'apport alimentaire réalisées en France sur des données de consommation agrégées ont montré qu'en cas de consommation de poissons fortement contaminés, l'exposition excédait la DHTP pour toutes les tranches d'âges. Une approche probabiliste plus fine a conduit à une fréquence de dépassement de la dose tolérable de 9,7 à 15,5 % pour les adolescents et les adultes de 34,2 % chez les enfants de 3 à 8 ans. Par la suite, l'exposition des nourrissons et des enfants de moins de 3 ans a été réévaluée en incluant de nouvelles données de contamination. Pour les forts consommateurs dans toutes les tranches d'âge étudiées, les niveaux au percentile 95 sont inférieurs à la DHTP, sauf pour les enfants de 1 à 30 mois (11,3 %) et de 3 à 6 ans (14,7 %). Par ailleurs, 3 % des femmes en âge de procréer seraient susceptibles d'être exposées à un niveau supérieur à la DHTP. La comparaison des estimations, obtenues selon deux méthodologies différentes et complémentaires, montre qu'il est difficile d'estimer précisément la probabilité de dépassement de la DHTP dans la population française mais indiquent que, comme pour d'autres contaminants, l'exposition des enfants est plus élevée que celle des adultes. Ces estimations ont permis de recommander pour les enfants en bas âge, une consommation de poissons prédateurs sauvages ne dépassant pas 60 g par semaine, en plus de la consommation habituelle de poissons non prédateurs. Cette recommandation est en cohérence avec les repères de consommation du Programme National Nutrition-Santé. Les femmes enceintes et allaitantes, ne devraient pas consommer plus de 150 g de poissons prédateurs sauvages par semaine, en plus de leur consommation habituelle de poissons non prédateurs. L'exemple du MeHg montre l'évaluation des risques pour les populations cibles et est difficile à réaliser notamment parce que les profils de consommation sont mal connus. La gestion du risque lié à ce type de contaminants ne passe pas uniquement par la fixation de valeurs limites réglementaires de contaminations réalistes, mais passe aussi par les recommandations visant la population générale et les groupes de population cibles. De telles recommandations doivent concilier les objectifs de sécurité sanitaire et les préoccupations des nutritionnistes.

ABSTRACT

Mercury and heavy metals in food: what risks? Methylmercurry (MeHg) dietary intake relies on the consumption of fish and more particularly to large and slow-growing species. The provisionally tolerable weekly intake (PTWI) has been lowered to 1.6 MeHg/kg of body weight in June 2003 by WHO, to afford additional safety towards potential effect of MeHg on neurological development of the foetus. Estimates of dietary intake of French population using aggregated consumption data have shown that, when heavily contaminated species were consumed, exposure exceeded PTWI whatever the age group. A more precise probabilistic approach produced an expected frequency to exceed PTWI from 9.7 to 15.5% for adults and teenagers and 34.2% for children from 3 to 8 years. Subsequently, exposure of children under 3 was submitted to a new evaluation using new contamination data. For heavy consumers in the various age groups, percentile 95 of intake remained lower than PTWI except for 1-30 months (11.3%) and 3-6 years children (14.7%). Moreover, 3% of childbearing-age women could be exposed above the PTWI. Comparison of estimates resulting from different but complementary approaches highlight the difficulty of determining accurately the probability of exposure above the PTWI within the French population but support the view that exposure is heavier in children than in adults, as already observed with various dietary contaminants, Such estimates were used to recommend an maximal intake of predatory fish of 60g per week in addition to usual intake of non predatory fish, for children. This recommendation is in accordance with consumption levels of public health relevance from the French nutrition and health program (PNNS). Pregnant and lactating women should not consume more than 150g or predatory species in addition to their usual consumption of non predatory fishes. The MeHg case exemplifies the difficulty of risk evaluation for target populations with poorly defined consumption patterns. Risk management for such contaminants not only relies on sound regulatory levels in food but also includes recommendations for the general population as well as for target © Bureau de Coordination de la Prévention des Risques ­ Inserm Paris ­ France. Revue28_3.book Page 232 Vendredi, 26. mars 2010 10:47 10 groups. Such recommendations must consider both food safety and nutritional goals.

AUTEUR(S)
M. BOISSET

MOTS-CLÉS
méthylmercure, toxicité, dose hebdomadaire tolérable, apport alimentaire, évaluation du risque.

KEYWORDS
methylmercury, toxicity, tolerable weekly dose, dietary intake, risk evaluation.

LANGUE DE L'ARTICLE
Français

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